Bac Nord
A nous de vous faire préférer la police.
Mais ça ne marche pas, on voit bien dans ce film que ACAB. On va suivre un trio de policiers de la BAC jusqu’à leur zénith et on restera pour leur déclin aussi. L’histoire est classique, on doit faire le travail de flic mais on a pas les moyens donc on flirte avec la limite, quitte à la dépasser parfois. Mais ca nous permet de réussir « un gros coup ». Et au final on se fait chopper parce qu’on a abusé.
Une œuvre sociologique qui nous montre que quand tout va bien on est frères, à la vie à la mort. Et quand les soucis se pointent il n’y a plus personne pour te soutenir. Chacun égoïstement tente de sauver sa peau. Personne n’ose se mouiller pour sauver un collègue qui se noie.
Le test de Bechdel est inexistant. Ce qui n’est pas étonnant si on veut montrer la virilité de la vie en cité, que l’on soit flic ou dealer. Il n’y a qu’une seule femme « nommée » en fait même pas nommé car elle veut garder l’anonymat, je passe l’autre personnage féminin qui est là pour être la femme de, et la mère. Donc la seule femme reconnaissable va se faire trahir par ces hommes, pour sauver leurs frères. Les femmes du films sont donc les épouses ou les outils de ces flics, pas d’autre place pour une femme. Enfin si dans leurs bouche à tous il y a bien un rôle qui échoit à ces femmes, vu que l’expression « fils de pute » est prononcé en moyenne 10 fois par minute.
Mais est-ce que ça marche ?
En fait, plutôt bien. Déjà Gilles Lellouche, beau gosse comme toujours, crève l’écran. Il peut tout jouer cet homme-là j’ai l’impression. Est-ce qu’on se sent à Marseille ? pas tant que ça. Alors oui, c’est vrai je ne connais pas trop Marseille, mais on ne sent pas la ville. Il y a bien quelques plans de la mer ou de la basilique, mais on ne sent pas trop la chaleur, le mistral ou l’OM. Ce qu’on ressent bien par contre c’est la cité, qui vit en vase clos. Et dans laquelle les policiers n’entrent pas. La cité ou tout le monde se connais. La scène d’action est plutôt bien filmée et claire dans son déroulement, on évite les effets de caméra qui secouent pour ajouter un sentiment d’urgence. Non là on suit méthodiquement le déroulé. On ne filme pas l’action comme le ferai un journaliste, mais comme le ferai un autre policier. De manière froide et carrée. Pour un film français c’est plutôt une bonne découverte. D’une part parce que ca change des comédie tirées d’un sketch de one man show. Il y a une vraie histoire, originale, l’action ne se situe pas dans paris, voila déjà 2 raisons de voir le film. L’épilogue veut nous faire voir qu’ils se rachètent une conduite en changeant de métier et en aidant les autres. Fait un peu trop biopic à mon gout. Mais si on nous dit que c’est personnes réelle, on va vouloir savoir comment cela fini pour eux.
Je ne le conseille pas forcément, mais si vous êtes fanatique des reportages du style, complément d’enquête, sur la police d’Oberschaeffolsheim, ca peut vous plaire de suivre le parcours de ces policiers.