la favorite
Être la favorite de la reine n’est pas un métier facile, car comme dans un jeu TV : tout le monde veut prendre sa place.
Dans cette fresque nous suivons l’ascension de la nouvelle favorite de la reine. Et comment il faut user de malice pour se hisser dans la hiérarchie. En ecrasant et en poussant ceux qui sont en place.
Cependant la place n’est pas si enviable, il faut éviter les embuches semées par ses concurrentes. Et survivre aux caprices royaux.
La vie de chateau
On est loin du faste fantasmé de la cours de Louis XIV dont on nous abreuve dans les productions françaises et internationales. Non, là on est sur une vie de château un peu plus réelle. Il y a de la bout et du sang. L’ambiance est sale. Aussi bien au sens propre qu’au figuré.
On n’a pas trop envie de vivre à cette époque, même quand on est noble. Alors encore moins une servante.
Pour bien montrer quelle vient de la fange, elle apparait face à la noblesse dépossédée de ses titres et pleine de boue. Personne de fait la remarque, mais on sait tous que les gens n’en pensent pas moins.
Yórgos Lánthimos, nous livre le film comme une pièce de théâtre avec différents actes, séparés par un fondu au noir qui tel le rideau partage le film. Les actes qui n’ont pas de nom mais juste un numéro en chiffre romain, pour renforcer encore cette impression.
On retrouve dans le rôle de la reine Olivia Colman. Elle enchainera ensuite sur son rôle d’Elisabeth II dans la série The crown.
Elle a un style royale il faut croire. Elle sait jouer la reine qui passe par toute les émotions. Autant dans the crown elle est vraiment dans la retenue, dans ce film elle joue une reine irritable et qui s’emporte pour un oui ou un non. On ressent la tension de son entourage qui ne sait jamais quel va être sa réaction.
Le peu de scènes extérieures se résument à des scènes de tir au pigeon dans le jardin. On ne sort quasiment pas du château, c’est bien ici une prison dorée dans laquelle évoluent les proches de la famille royale. Le château est au cœur de l’histoire aussi, les ambiances lumineuses variant autant que l’humeur royale. On alternes des scènes lumineuses dans le faste des salons, à des scène de messes basses dans les couloirs sombres et secrets.
Mais c’est bien au final ?
J’était décontenancés au début par l’ambiance au sein de la cour, et j’ai fini encore plus interrogatif à la fin.
Le film met le spectateur dans une position malaisante. On suis cette jeune suivante qui veut gravir les échelons. On est de son coté, on veut qu’elle réussisse, et parfois on se dit quelle va trop loin, on se prend à renier notre empathie pour elle.
On est sur un fil entre l’amour et le dégout.
J’ai pas détesté le film, il m’a amené dans des endroits ou je m’attendais pas et ca c’est une bonne chose. Par contre je ne suis pas sur de vouloir aller dans ces endroits.