Binti (Nnedi Okorafor)
Binti, est une jeune femme qui part dans l’espace pour étudier dans l’université intergalactique sur la planète Oomza. La différence avec les romans de SF des années 50 que je lit habituellement, c’est que le personnage principal n’est pas un homme blanc, mais une jeune femme noire. Et on précise même de la tribu des Himbas. En effectuant des recherches pour cet article j’ai découvert que ce peuple existe vraiment, et que la tradition de s’enduire le corps d’huile et de terre est une coutume réelle.
Un point de vue qui change, d’autant plus que là elle ne sort pas seulement de son pays, mais elle quitte aussi la planète.
Le regard que portent les aliens sur elle n’est pas raciste, mais plutôt spéciste. Ils ne la regardent pas bizarrement parce qu’elle est noire, mais parce qu’elle est humaine.
L’autrice Nnedi Okorafor est Afro-américaine, elle connaît donc bien le racisme. J’avais déjà lu qui a peur de la mort qui était aussi l’histoire d’une jeune femme noire, mais dans un univers post-apo avec de la magie.
Dans Binti il y a toujours de la magie, mais l’univers est plus lumineux. Un voyage initiatique dans une université, on est proche de Harry Potter, à la différence qu’elle n’est pas accueillie comme une héroïne dans l’école, au contraire.
Et à son retour sur la Terre, les siens sentent bien qu’elle a changée, elle n’est plus la même. Outre la transformation esthétique de sa coiffure, sa manière de penser est aussi différente. Cette sensation on la ressent aussi quand on a quitté le nid familial et que l’on revient. Notre point de vue à évolué, on reconnait les personnes mais il y a un petit quelque chose qui nous différencie.
Dans l’histoire de Binti, il y a beaucoup plus, il y a un poids des traditions qui est beaucoup plus fort, et elle revient avec un sacré traumatisme de son voyage. Mais au final c’est ça qu’on nous raconte, comment l’université et le passage à l’âge adulte nous change. Et comment on se fait des amis, différents de nous, mais qui nous soutiennent et sont là lors de la traversée du désert.
L’histoire est parfois tragique, mais ce n’est pas glauque c’est toujours une vision positive et lumineuse de la vie. Certains moments sont vraiment stressants, on stresse pour cette héroïne, parfois c’est plus contemplatif et méditatif dans le désert, parfois c’est plus mystique.
Une lecture très agréable que je recommande. Je vais aussi lire le deuxième tome. A savoir que la version française a regroupé les 2 premiers tomes de la trilogie originale en anglais.