Chien du heaume (Justine Niogret)

Suite à l’écoute du podcast « Bookmakers » de Richard Gaitet sur Arte radio, j’ai découvert Justine Niogret et son univers. L’entendant dire qu’elle faisait du jeu de rôle et que c’était top, je me suis dit que cette femme méritait encore plus mon attention.

En tous cas si vous aimez les livres je peux déjà vous conseiller ce podcast. J’en reparlerai surement dans un article sur le sujet.

J’ai donc plongé dans la bibliographie de Justine Niogret par Chien du Heaume son premier roman.

Le roman commence directement par une scène d’assassinat. Mais un assassinat qui tourne mal. Et on sait tout de suite que la femme qui défait son agresseur n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

On la suivra tout au long de ce roman, au fil des saisons dans sa vie de mercenaire.

On y découvre que la vie de mercenaire c’est quand même beaucoup de temps à attendre et peu de temps à se battre.

La vie médiévale.

On est porté au plein cœur du moyen âge, avec des châteaux aux larges cheminées auprès desquelles on vient se réchauffer en plein cœur de l’hiver.

Ici pas de combats épiques sur des champs de bataille, pas de dragons ou d’intrigues de cour. Ici c’est la vraie vie des petites gens qui est à l’honneur. La vie de ceux à qui on fait faire les basses besognes. Une vie qui pourrait faire fantasmer, mais qui au final semble bien morne et ennuyeuse.

On suit donc Chien, l’héroïne du roman, qui se met au service du chevalier sanglier. Ce n’est pas le chevalier qui prend comme apprentie une jeune femme et va lui apprendre la dure vie de mercenaire. Non, ils sont égaux. Il n’y a un lien hiérarchique que par le fait que l’un possède un titre. Et durant tout le roman, la légitimité de Chien n’est jamais remise en cause. Les autres la considèrent comme une égale. Jamais il n’y a de sous-entendus sur le fait qu’elle est une femme.  Elle est avant tout une guerrière mercenaire.

C’est une écriture féministe, qui montre un monde ou la féminité du personnage n’est pas une question.  

On montre une femme interagissant avec des hommes d’égal à égal. Et c’est normal. A aucun moment la féminité du personnage est une question.

Mon esprit formaté par 40ans de patriarcat s’est demandé si un mariage allait être ne serait-ce qu’évoqué, mais il n’en est rien. Ici pas de romance à la Jane Austen mais des coups de hache dans la tronche.

Un roman à lire en période de canicule, car les descriptions du froid dans le château nous glacent même en plein été.

Un roman qui se lit facilement et qui nous fait vivre une époque médiévale loin des princesses Disney.